Moi je veux bien mais non

Septembre 2011
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La rubrique sans dessus dessous et sans sou d'Olivier Bailly

Fatima est en colère. Cette institutrice -trente ans de carrière- est retraitée depuis peu. Cela fait 8 mois qu’elle attend sa pension, mais l’Etat ne la lui verse pas. Mamadou, lui, est malade, mais les médecins lui proposent « sous le manteau » une opération à un prix démentiel. Il préfère tenter un traitement via médicaments, très chers eux aussi. Non loin de là, sous le soleil plombant de juin, toujours dans cette manifestation où le peuple crie « AU VOLEUR » à l’encontre de ce gouvernement d’incapables, il y a Joseph, 26 ans. Il travaille 12 heures par jour, mais n’a plus touché son maigre salaire depuis 17 mois. Comment survivre dans ces conditions ?

Le pays de Fatima, de Mamadou, et de Joseph est en pleine crise. Au point de perdre sa souveraineté. La dette publique a explosé et sous pression, le parlement a dû voter en urgence un troisième plan d’austérité et de privatisations en un an. Un plan plus draconien encore que les précédents. En échange de prêts, les Grands Argentiers, FMI en tête, ont exigé des réformes structurelles pour assumer le service de la dette. A savoir vendre les entreprises publiques stratégiques (comme l’énergie) pour une bouchée de pain, réduire les coûts publics, réduire le nombre de fonctionnaires, geler leurs salaires.

Ce rigoureux « programme d’ajustement » ne laisse guère d’espoirs de jours meilleurs au peuple. C’est pourquoi Fatima, Joseph et Mamadou sont aujourd’hui descendus dans la rue.

A l’étranger, des ONG se mobilisent. Evidemment, le Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde (CADTM) ne change pas ses bonnes vieilles habitudes et exige l’annulation de cette dette publique odieuse. Attac-France exprime son soutien aux citoyens et des rassemblements partout en Europe clament leur solidarité avec la population mise à l’épreuve…

Tous les faits relatés ci-dessus sont rigoureusement exacts mais Fatima, Joseph et Mamadou sont des noms d’emprunt. Ils vivent en…Grèce. Un pays d’Europe. Les temps changent. Alors que la Thaïlande, le Brésil ou encore l’Argentine remboursent anticipativement le FMI, celui-ci trouve au sein des pays industrialisés de « nouveaux clients ». Ses principaux emprunteurs au 25 mai 2011 sont, outre le pays de la feta, le Portugal et l’Irlande.

Et si le Sud se développait et que le Nord s’écrasait ? Fiction ? A voir. Chez nous, l’école est à ce point inégalitaire que les cours privés deviennent un énorme business (comme au Congo). Les services publics (Poste, chemins de fer, allocations chômage,…) sont malmenés. Encore mieux (enfi n pire), la Belgique a été épinglée par l’agence anti-corruption du Conseil de l’Europe à propos de la transparence du fi nancement des partis politiques. Allez franchement…Comme chantait Nino, on dirait le Sud… (et ce temps risque de durer longtemps). Alors message à tous les cyberboursicoteurs : « si vous ne voulez pas vous retrouver sur la paille, sortez dans la rue et réclamez plus de solidarité !! C’est la forme la plus aboutie et raffi née de l’égoïsme : moins il y aura de pauvreté, et moins vous aurez de risque d’être pauvre. » Implacable non ?

Olivier Bailly

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