Moi je veux bien mais non

Mars 2011
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L’aimable rubrique féroce et décapante d’Olivier Bailly

Depuis qu’Oxfam-Magasins du Monde m’a obligé d’écrire un livre sur IKEA, je ne peux plus mettre les pieds dans ce paradis de la consommation, mais ma soeur, elle, peut encore y aller et elle m’a raconté cette anecdote. Elle arrivait à la caisse quand un employé jaune et bleu l’a hélé : «Madame, vous pouvez passer à la caisse automatique si vous payez par carte».

Pétrie d’un socialisme atavique dont elle peine à se débarrasser, elle a répondu du tac au tac, la voix posée et le buste fier : «Hors de question monsieur ! Ces appareils prendront vos emplois. Je passerai par une caisse humaine». L’employé a rétorqué qu’il n’y avait pas de problème, que ces machines ne prendraient pas son emploi (ca devait être le gérant). Ma soeur, dont les capacités révolutionnaires ne sont pas inépuisables, est donc passée à la caisse automatique. Ca m’a fait penser à ma mère. Elle avait mené ce genre de combat désespéré il y a une dizaine d’années. Impossible de la faire passer par un Mister Cash pour retirer son argent. Et l’employé de banque prenait la même posture d’autoflagellation : «Allez-y madame Bailly. C’est fait pour être utilisé !». Certaines personnes ont une capacité étonnante à aller seules à l’abattoir, ça m’impressionne… Mais c’est vrai, c’est pratique ces services automatiques. Plus la peine de se taper les histoires du voisinage, la pseudo-analyse du dernier match du Standard, ou le bulletin scolaire de rejetons que de toutes façons, on ne connaitra jamais.

Vive les points Poste, l’administration en ligne, et demain ? La médecine automatisée. Tu glisses une pièce, coches tes symptômes en choix multiple, et la machine te délivre des petites pilules. Pratique. Et fait pour être utilisé…

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7 commentaires sur “Moi je veux bien mais non

  1. Franchement débile, ce billet
    si c’est de l’humour, c’est raté,
    si c’est conscientisant, c’est du gauchisme débilitant. J’espère qu’oxfam ne vous paye pas trop bien pour cette chronique, ce qui laisserait craindre qu’on vous remplace un jour ou l’autre par une machine à écrire automatique.

  2. Cher Naz, comme vous portez bien votre nom!

    -soit, et je l’espère pour vous, vous n’avez pas toutes vos facultés et vous pensez qu’une société comme IKEA investi des milliers d’euros pour rendre service…

    -soit vous avez raté le cour d’histoire sur la révolution industrielle…

    -soit vous avez des actions dans la socièté…

    Plus jeune j’ai travaillé dans un resto où après 22h00, je devais faire le plonge. Un jour j’ai proposé à la patrone d’investir dans un lave vaisselle industriel. Elle m’a dit: “d’accord marc, mais si j’achète un lave vaisselle, je n’aurais plus besoin de toi”

    Alors Monsieur Naze, en cette période de St Nicolas, il faut que je vous dise un secret: “Le grand ST Nicolas, c’est vos parents”

  3. C’est touchant, Marc, ton témoignage.
    Mais est-ce que tu as continué à faire la plonge?
    pourquoi ? Et qui t’a remplacé?
    Et tu te meubles, où, toi? Tes travaux, chez toi, tu les fais faire par qui? Avec ou sans facture?
    Notons enfin qu’Olivier Bailly le pourfendeur d’Ikea assure pas mal son propre service après vente.
    1/ démonter le modèle Ikea, bien, mais cible facile, on sent bien la volonté de “vendre du papier”.
    2/ allez, va que je te glisse au détour d’une chronique : “je n’y suis plus le bienvenu depuis”…
    Un poil de sérieux.

  4. A mon avis Mr B. A part la plus totale indifference, vous ne risquez pas grand chose à continuer d’aller chez ikéa pour y acheter une etagére Billy ou manger des boulettes à la confiture.
    La dernière fois que j’y suis allé, Je n’ y ai pas vu votre portrait affiché en grand. Ni une armée de vigiles sur les dents guetant votre arrivé…Un client reste un client, ça ne se refuse pas n’est ce pas?

    Et pour le reste ceux qui regrettent la mécanisation et le progrès technique sont quand même bien content de profiter du confort et de la facilité que cela apporte dans leur vie de tous les jours…

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