Nourrir le monde et lutter contre la pauvreté

Juin 2011
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Aujourd’hui, près d’un milliard de personnes souff rent de la faim dans le monde, non par manque de nourriture, mais parce qu’elle coûte trop cher ! Car la logique de profi t économique des systèmes alimentaires actuels met les producteurs fortement sous pression, ce qui les pousse à adopter des méthodes de plus en plus industrialisées. La majorité d’entre eux craque et rejoint le camp de ceux qui ne peuvent payer leur alimentation, même à bas prix. Seule une minorité d’agriculteurs profi te d’un marché agricole dont l’accès est de plus en plus restreint.

Mondialisation agricole

Cette production alimentaire industrielle à bas prix nourrit mal. D’une part, elle va de pair avec l’homogénéisation de l’alimentation et avec un régime alimentaire malsain qui fait exploser les phénomènes d’obésité, de carences alimentaires, de cancers, etc. D’autre part, elle est orientée vers les marchés d’exportation, pas forcément alimentaires, comme les agro-carburants ou les cosmétiques !

Une agriculture à visage humain

Dans les faits, ce sont pour l’essentiel les formes d’agriculture paysanne (70%) qui nourrissent la population mondiale, et qui permettent de préserver plus de 7000 espèces végétales et un très grand nombre d’espèces animales, un patrimoine essentiel pour assurer à long terme un équilibre alimentaire. Soutenir ces modes de production permettrait à la fois de lutter effi cacement contre la pauvreté, et de garantir la sécurité alimentaire des populations du monde entier.

Les chaines agroalimentaires n’exploitent que 2% des espèces végétales. A cause de la standardisation des produits alimentaire, 75% de la biodiversité agricole a été perdu en moins de 50 ans !

Du travail pour tout le monde

Dans les pays occidentaux, les agriculteurs ne représentent plus aujourd’hui que 1 à 3% de la population économiquement active, une proportion qui tend à diminuer de manière continue. La grande majorité de nos agriculteurs s’est en eff et progressivement dirigée vers les secteurs de l’industrie et du service. Par contre, sur l’ensemble de la population mondiale, 43% de la population active est employée dans le secteur agricole ! Un pourcentage qui atteint même les 53% dans les pays en développement. Les possibilités d’emplois dans les secteurs de l’industrie et des services se faisant de plus en plus rares, la préservation des emplois et des sources de revenus agricoles devient un enjeu capital pour garantir un équilibre économique mondial.

Emplois durables

Parce qu’ils ne sont pas délocalisables au gré des aléas du marché agricole, les emplois liés à l’agriculture paysanne sont plus durables que ceux issus de l’agriculture industrielle. Ils permettent en outre une meilleure répartition des richesses et participent à la dynamisation des économies locales,. Dans les pays en développement, l’investissement dans le secteur agricole permet non seulement de réduire effi cacement la pauvreté, mais génère également une croissance économique nettement plus importante que dans n’importe quel autre secteur !

Agriculture paysanne : un plus pour l’emploi et l’environnement En encourageant l’industrialisation croissante de l’agriculture, on fait le choix de méthodes de production moins pourvoyeuses d’emploi, au détriment des travailleurs et de l’environnement. Au Brésil, huit hectares sont, en moyenne, nécessaires à l’agriculture paysanne pour créer un emploi contre 67 ha à l’agriculture industrielle. Au Royaume-Uni, les exploitations paysannes emploient cinq fois plus de personnes par hectare que l’agriculture industrielle. En Afrique, entre 45 et 65 personnes sont employées dans l’agriculture paysanne familiale pour une seule dans l’agriculture industrielle !

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