Oxygen : une nouvelle gamme de produits locaux respectueux de l’environnement

Mai 2020
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De plus en plus de consommatrices et consommateurs, conscients des enjeux environnementaux, recherchent des produits correspondant davantage à leurs valeurs. Dans cette optique, nombre d'entre eux choisissent des produits zéro déchet, locaux ou issus de matières premières naturelles (ex. en bois, en bambou ou en coton).

Julie Dalebroux & Valentine Donck

Ces types de produits sont le plus souvent vendus dans des magasins écologiques ou zéro déchet, ce qui peut amener les consommateurs-trices à devoir choisir entre produits équitables d’une part, et produits écologiques/ locaux de l’autre.

Pour Oxfam-Magasins du monde, les deux démarches ne sont pas concurrentes: les produits équitables et les produits locaux, lorsqu’ils sont durables, sont complémentaires. S’il est cohérent de fabriquer un produit zéro déchet tel que les poches à sandwich en lin en Belgique, il est tout aussi cohérent de fabriquer les pailles en bambou au Cambodge, la matière première provenant de cette région. À quoi bon faire fabriquer des pailles en bambou en Belgique ? Le même raisonnement peut être tenu pour les bijoux en argent du Mexique ou les foulards en coton provenant d’Inde. Surtout que le transport international ne représente le plus souvent qu’une faible part de l’impact environnemental total de ces produits.

Depuis 2019, Oxfam-Magasins du monde développe une nouvelle gamme de produits fabriqués en Europe : la gamme Oxygen. Cette gamme est née d’un constat : beaucoup de produits zéro déchet ou écologiques sont actuellement fabriqués en Asie dans des conditions de travail peu transparentes. De ce constat est né le désir de développer une gamme de produits éco-conscients, fabriqués le plus localement possible et en portant une attention toute particulière à l’origine des matières premières et aux conditions de production.

Avec cette nouvelle gamme Oxygen, Oxfam-Magasins du monde favorise aussi les produits circulaires, notamment ceux fabriqués avec de la matière première recyclée ou réutilisée. C’est le cas par exemple des gourdes en verre de Carry, produites en Allemagne avec 80% de verre recyclé.

Cela ne peut malheureusement pas être appliqué partout. Dans la fabrication à destination alimentaire par exemple, il est impossible d’utiliser des matières premières recyclées pour des questions de sécurité alimentaire. Pour ces produits, Oxfam privilégie donc l’utilisation de matières premières le plus locales possible. C’est le cas des emballages alimentaires réutilisables Wrapi, fabriqués à partir de lin cultivé en Europe.

De même, les produits Bag to green sont fabriqués à partir de lin provenant de la région, par des personnes handicapées dans une entreprise de travail adapté en Belgique. Cette gamme inclut des poches à sandwich, que beaucoup de sandwicheries acceptent déjà, afin d’éviter le suremballage. On peut évidemment aussi les utiliser pour emballer ses tartines et éviter ainsi l’usage d’aluminium ou de boites en plastique. La gamme comprend également des petits sacs à savon dans lesquels on peut placer son savon en bloc. Cela permet d’utiliser son savon jusqu’au bout sans le sortir, les petits morceaux se réagrégeant ensemble pour former un nouveau savon, ce qui réduit in fine le gaspillage.

Plusieurs projets de ce type sont en cours de développement chez Oxfam-Magasins du monde, tels que des emballages en tissus recyclés – les fameux furoshikis – et de nouveaux objets fabriqués à partir des agendas invendus de l’année précédente.

Des matières textiles locales et durables

Produire des matières premières localement et proprement est assurément une solution pour diminuer l’empreinte écologique de l’activité textile. Mais quelles sont plus précisément les différentes possibilités ? La laine et le lin sont deux fibres textiles qui sont déjà produites en Belgique, et plus largement en Europe. Le chanvre est une autre alternative au coton qui bénéficie d’un regain d’intérêt. Eclairage sur ces trois fibres adaptées à nos sols et nos climats.

La laine

La laine, issue des élevages de moutons, n’est plus un produit rentable pour la plupart des éleveurs, car les prix ont fortement baissé notamment de par la forte concurrence en provenance de Nouvelle-Zélande (aux coûts de production très faibles). A titre d’illustration, la vente de la laine ne paie souvent même pas les frais de tonte. La Filière Laine estime que 10% de la laine Wallonne est transformée sur place, le reste étant exporté hors UE. Il existe en Belgique quelques initiatives et labels naissants qui ont pour but de sortir la laine de son circuit traditionnel, afin de mieux la valoriser. Le label Be-Wool par exemple, mis en place par la Filière Laine, garantit entre autres un prix minimum à l’éleveur ainsi que la provenance belge de la laine (à raison de 50% minimum). Le projet « Laine Fleurie » de Natagora met à l’honneur la laine locale. Elle provient de moutons qui entretiennent, par pâturage, des milieux particulièrement riches en biodiversité : réserves naturelles, sites Natura 2000 et prairies à haute valeur biologique. La marque Lanado, quant à elle, vend des produits en laine 100% belge.

Le lin

Le meilleur lin du monde pousse dans le nord de la France, en Belgique et aux Pays-Bas. On peut parler d’un terroir européen du lin qui fournit 80% de la production globale. Cela s’explique par la conjugaison idéale d’un sol et d’un climat (alternance régulière de pluie et de soleil) qui permettent l’élaboration d’une fibre solide et renommée à l’échelon planétaire (Libeco). Le lin connaît un regain d’intérêt depuis quelques années, notamment du fait qu’il est possible de le cultiver en bio. Le lin est ‘roui’ en champs. Il s’agit d’un phénomène naturel – le rouissage- où des microorganismes nettoient les fibres de leur ‘ciment’. Jusqu’en ce début d’année 2020, il n’existait plus de filature capable de filer le lin en Europe occidentale, la plus proche se trouvant en Pologne (la majorité du lin est filée en Chine). Mais le groupe Velcorex vient d’ouvrir une filature spécialisée dans le lin en Alsace, et d’autres initiatives, telle ‘Lin Possible’, veulent relocaliser cette étape indispensable.

Le chanvre

Le chanvre textile est une variété de Cannabis qui contient moins de 0,2% de substance psychotrope. La culture du chanvre est en pleine effervescence, car elle intéresse les consommateurs et les industriels pour ses aspects écologiques. En plus de ne nécessiter aucun herbicide ni pesticide, elle est peu exigeante en matière de sol et de climat. Des recherches sont menées un peu partout (ex. Europe, Chine) pour suivre le même itinéraire technique que pour le lin. L’objectif est d’obtenir des fibres longues polyvalentes, qui permettent des jerseys plus fins.

Au final, il est clair que la demande des consommateurs pour un textile plus durable, conjuguée aux convictions propres de certains industriels, pousse de nombreuses entreprises textiles européennes à intégrer davantage de fibres locales et écologiques, tout en relocalisant certaines étapes de production.

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