Production/ Belvas : du bon chocolat, tant pour ses valeurs que pour son goût

Mars 2017
Publié dans le
Rubrique

Le chocolat contribue pour beaucoup à la réputation de la Belgique à l’étranger. Mais tous les chocolats belges ne se valent pas en termes d’éthique. Thierry Noesen est le fondateur de Belvas, une chocolaterie qui se veut exemplaire au niveau écologique et humain. Une démarche récompensée par de nombreux prix dont celui de la « micro-entreprise la plus écologique d’Europe» (EMAS award) en 2011. Interview.

Propos recueillis par Roland d'Hoop

belvas

Les valeurs environnementales que vous portez sont-elles partagées par vos partenaires dans le Sud ?

Je n’ai pas l’impression que l’environnement soit un grand souci pour eux. Dans le secteur du cacao, il y a moins de produits chimiques que dans d’autres cultures, même dans le non bio. Ils cultivent le cacao dans des zones ombragées, dans la forêt.

N’y a-t-il pas un risque que la demande croissante de cacao engendre plus de dégâts environnementaux dans le Sud ?

Non, on n’abime pas tellement l’environnement en plantant du cacao, du moins pas dans les pays avec lesquels nous travaillons qui sont le Pérou et Saint Domingue. Ce n’est pas comme avec le café où l’on défriche des forêts entières.

C’est grâce au commerce équitable que de petites plantations parviennent à survivre sur le marché. De même, c’est grâce au commerce équitable et au bio que notre entreprise a pu se trouver une niche parmi les grands fabricants.

Quels progrès pourrait-on faire pour améliorer l’impact environnemental de la filière cacao ?

On pourrait améliorer le « process » en faisant sur place, dans les pays du Sud, la torréfaction et le broyage du cacao. Cela diminuerait de 30% à 40% le volume de la matière à transporter, puisqu’on transporterait de la pâte de cacao concentrée au lieu de sacs de fèves de cacao. Cela donnerait aussi plus de valeur ajoutée aux producteurs du Sud, ce qui serait un pas intéressant vers un “commerce encore plus équitable” et pourrait même les aider à développer un marché local plutôt que d’importer nos chocolats. Nous essayons d’ailleurs de convaincre des investisseurs de développer des usines de transformation sur place.

Le commerce équitable permet-il aussi à de petites plantations de survivre à côté des grandes plantations agro-industrielles ?

Oui, c’est grâce au commerce équitable que de petites plantations parviennent à survivre sur le marché. De même, c’est grâce au commerce équitable et au bio que notre entreprise a pu se trouver une niche parmi les grands fabricants. Mais malheureusement, il n’y a pas assez de débouchés pour tout le monde dans l’équitable, car la demande ne suit pas chez nous. Nous avons donc un rôle à jouer en tant que consommateurs ici dans le Nord pour développer le marché équitable. Mais il faut le faire sur la base de cahiers de charges assez sévères afin que les besoins des planteurs soient réellement pris en compte. Nous avons choisi Fairtrade Belgium pour cette raison, car ils ont une vraie compétence sur le terrain qui permet d’être sûr de l’action sur place.

Partager!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *