Quand des citoyen·ne·s s’emparent du slam pour en faire un outil de réflexion et d’expression politique

Juin 2018
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On pense souvent que les gens se désintéressent de la politique. Il suffit pourtant parfois de trouver le bon canal, la bonne porte d’entrée pour libérer la parole. Ainsi, le slam favorise l’appropriation d’enjeux politiques (ou autres) et la libre expression. Ce mode d’expression a donné un véritable coup de fouet à l’art de la poésie orale. Chacun, chacune, selon son envie, peut monter sur scène pour présenter un texte au public, sans musique, juste avec ses mots, son regard, sa personnalité, son rythme.

Roland d'Hoop

En 2015 et 2016, Oxfam-Magasins du monde a lancé le concours « slam in dignity » qui a permis à des dizaines de jeunes de s’exprimer sur des thématiques proches d’Oxfam1 . Résultat : des textes d’une grande force écrits par des jeunes qui au départ n’étaient pas spécialement intéressés par ces sujets.

À Liège, Gisèle et Lisette on crée l’asbl « L-slam» dont l’objet social est l’animation et la mise en valeur d’ateliers slam avec des femmes de toute origine. Leurs buts? Permettre aux femmes de s’exprimer, de retrouver confiance en elles et dans leur capacité à s’exprimer : « Le slam est une forme de littérature orale et engagée. Permettre aux femmes de s’exprimer n’est jamais anodin car prendre la parole reste pour celles-ci toujours difficile. Au sein de l’asbl L-SLAM, nous nous adressons en plus à des femmes dont la parole a été confisquée ou en tout cas non reconnue dans sa légitimité. Nous leur rendons confiance à la fois dans leur capacité à dire mais aussi dans la légitimité de ce qu’elles ont à dire, grâce à un coaching spécifique et une visualisation de leurs créations sur scène. Nous pensons qu’elles seules sont en capacité de parler d’elles avec justesse. C’est donc bien un travail d’écriture agissante que nous proposons. »

Une réflexion basée sur le genre

Le but d’un tel atelier n’est pas seulement d’apprendre à slamer mais également de mener une réflexion féministe. Giselle et Lisette insistent sur ce point et sur l’importance du collectif : « Nous utilisons une méthodologie basée sur les Intelligences Citoyennes telles que Majo Hansotte les a conceptualisées. Nous travaillons le passage de l’expression d’un traumatisme personnel à une réflexion sociale, de genre. Nos interventions sont basées sur le collectif, l’entraide, la sororité et le partage de savoirs. Passer du « je » au « nous » permet de rendre l’injustice et la colère audibles par un public et ce faisant, d’être reconnues. »

Quant aux profils des participant·e·s de l’atelier, ils sont très variés en terme d’origines sociales, culturelles, d’âges ou de genres. Une attention particulière est donnée à la reconnaissance équitable des paroles émises. Et si vous vous inspiriez de cette expérience pour lancer un atelier slam dans votre commune ?

Pour plus d’informations : www.facebook.com/LSlamWithHeartAndSoul

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