Une agriculture paysanne partout dans le monde

Juin 2011
Publié dans le
Rubrique

Depuis le Sommet mondial de l’alimentation organisé par la FAO (Food and Agriculture Organization) à Rome en 1996, les organisations paysannes s’appuient sur le concept de la Souveraineté Alimentaire pour interpeller les institutions publiques et les représentants politiques quant à leurs décisions en matière d’agriculture.

 

Pouvons-nous légitimement penser l’évolution de nos systèmes agricoles et alimentaires sans tenir compte des premiers intéressés : les paysans qui nourrissent le monde ?

Au Nord comme au Sud, le concept de souveraineté alimentaire concerne le droit des peuples et des États à déterminer eux-mêmes leurs politiques alimentaires et agricoles, sans porter atteinte à autrui. Ce qui implique d’autres droits :

  • Droit à une alimentation de qualité, culturellement appropriée ;
  • Droit à des revenus décents où les prix agricoles couvrent les coûts de production et permettent de vivre dignement d’une activité agricole ;
  • Droit à l’accès et à une répartition équitable des moyens de production ;
  • Droit de protéger et de réglementer la production et le commerce agricole afin qu’ils répondent aux attentes de la société et respectent l’environnement.

Via Campesina

La Via Campesina regroupe environ 150 organisations locales et nationales de 70 pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques. Ce mouvement international rassemble près de 200 millions de petits paysans, de petits et moyens producteurs, de paysans sans-terre, de femmes et de jeunes du monde rural, d’indigènes, de migrants et d’ouvriers agricoles. II défend l’agriculture durable à petite échelle comme moyen de promotion d’une justice sociale et de dignité. Ce modèle s’oppose clairement à l’agriculture industrielle et aux multinationales qui ne respectent ni les personnes ni l’environnement. En Belgique, l’organisation-membre est la FUGEA.

 

Pour en savoir plus, voir l’étude Oxfam-Magasins du monde : L’agriculture paysanne peut nourrir le monde et refroidir la planète, février 2011.

Une expérience novatrice d’agriculture paysanne en Belgique.

Daniel gère une ferme laitière de 45 ha. En reconversion à l’agriculture biologique, cet éleveur revendique, depuis de nombreuses années, l’autonomie alimentaire et le respect de l’environnement. Il ne vise pas à agrandir son exploitation à tout prix.
Pour y parvenir, Daniel Raucq a développé des savoir-faire innovants pour produire du lait à partir d’herbe et de fourrages produits dans l’exploitation. Il utilise 20 ha divisés en 40 parcelles de prairie permanente. Avec un temps de repousse proche de 40 jours, ce système permet d’allonger la période de pâturage (de mars à novembre) et d’augmenter les quantités d’herbe produites. Le reste des terres est utilisé pour produire directement les protéines végétales nécessaires au bétail en hiver. Une grande partie de l’entretien de ces cultures se faisant à l’aide des vaches elles-mêmes, le tracteur reste le plus souvent au garage.
Grâce à cet équilibre, Daniel travaille en parfaite autonomie tout en respectant son environnement : les légumineuses, qui fi xent l’azote dans l’air et le restituent à la terre, permettent de réduire l’épandage d’engrais couteux.. Les prairies permanentes stockent le carbone et luttent contre le phénomène d’érosion des sols en accumulant une couche d’humus.
À partir d’un entretien avec Daniel Raucq, membre de la FUGEA réalisé le 16/12/20101

Partager!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *