Les multinationales face à leurs responsabilités sociétales
Étude - Janvier 2010

En 1970, les multinationales n’étaient encore que quelques centaines. Aujourd’hui, elles sont au nombre de 78.400 – avec plus de 780.000 filiales répandues à travers le monde [highslide](1;1;;;)Chiffres de 2007: Zacharie, A., « Mondialisation et emploi : anatomie des grandes mutations », in Mondialiser le travail décent, Zacharie, A. et Seron, A., [Dir], Editions Luc Pire, 2008[/highslide] . Leur pouvoir économique est souvent énorme, parfois même bien plus élevé que celui dont disposent certains Etats. Le seul chiffre d’affaire des 5 plus grandes multinationales équivaut ainsi au PIB des 46 pays les plus pauvres [highslide](2;2;;;)Plaquette Profits réels, responsabilité artificielle, Campagne de l’ONG Les Amis de la Terre – France, 2009[/highslide] ! Ensemble, elles pèsent pour plus de 2/3 des échanges commerciaux mondiaux [highslide](3;3;;;)La loi des multinationales, Solidaire, n°194, Déclaration de Berne, p.6[/highslide] . L’influence que ces acteurs exercent sur le monde dans lequel nous vivons est donc très importante.

En tant qu’acteurs économiques privés, leur principale préoccupation est de répondre aux exigences de leurs actionnaires : faire fructifier leur capital au maximum. La poursuite de tels objectifs peut évidemment avoir des retombées positives pour l’ensemble de la société : création d’emploi, d’infrastructures, de nouvelles technologies, accroissement des recettes des Etats… Toutefois, poussées par le souci de toujours optimiser au mieux leurs performances économiques, les multinationales n’hésitent parfois pas à se livrer aussi à des pratiques qui peuvent avoir des conséquences catastrophiques sur le plan sociétal, humain et environnemental. Nombreux sont en effet les cas où elles sont clairement identifiées comme responsables de graves violations des droits humains et/ou de dégradation de l’environnement [highslide](4;4;;;)Pour des exemples : Des sociétés à irresponsabilité illimitée, Oxfam France-Agir ici/CCFD-Terre Solidaire, mars 2009 ; Echauffourées avec les grosses compagnies, Friends of the Earth International, juillet 2002.[/highslide].

Faute d’un cadre international légalement contraignant, les multinationales parviennent pourtant facilement à échapper à toute forme de contrôle démocratique de leurs activités et à éviter de devoir assumer la responsabilité de leurs actes et/ou de devoir répondre de violations de Droits de l’Homme. Elles ne sont en effet tenues de respecter que les règles juridiques des Etats où elles mènent leurs activités. Or, celles-ci s’avèrent le plus souvent trop limitées pour faire face aux problèmes que leurs activités génèrent. En outre, les multinationales jouent sur la concurrence entre les états – menace par exemple de délocalisation vers des pays moins contraignants – pour rendre ces règles totalement inopérantes. Par conséquent, les personnes qui les poursuivent pour préjudices sociaux ou environnementaux se retrouvent le plus souvent totalement dépourvues de moyens pour obtenir le respect de leurs droits et la réparation des dommages encourus par l’activité des ces acteurs économiques [highslide](5;5;;;)Chaplier, J., Mondialisation et travail décent : des règles, vite !, analyse, Oxfam-Magasins du monde, 17/02/09[/highslide].

 

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