Slow Fashion : Définition, cartographie des acteurs/trices Belges et positionnement d’Oxfam-Magasins du monde
Étude - Décembre 2018

Partout dans le monde, divers évènements commémorent la plus grande catastrophe industrielle de l’histoire de l’industrie textile : l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh le 24 avril 2013. Plus de 5 ans après, où en est le secteur ? Quelles sont les avancées en matière de droits des travailleurs/euses ? De responsabilisation des entreprises ? Du développement de la mode durable ?

Le bilan semble de manière générale assez mitigé. Si quelques initiatives ont bien été (re)lancées suite à la catastrophe (ex. développement du mouvement Fashion Revolution, Accord sur la sécurité des usines au Bangladesh), le modèle de la fast fashion perdure. Dans le même temps, les multinationales du secteur continuent d’engranger des milliards de bénéfices, au détriment des travailleurs/euses, des petits producteurs/trices agricoles et de l’environnement.

Le constat est sans doute plus sévère encore en Belgique : peu d’avancées concrètes ont été observées au niveau législatif, tandis que le niveau de sensibilisation du grand public à ces questions reste encore relativement faible. Surtout si on le compare à d’autres domaines, tel celui de l’alimentation durable par exemple, ou bien à la popularité de la slow fashion dans des pays comme le Royaume-Uni, l’Allemagne ou les Pays-Bas. Malgré tout, un nombre croissant d’initiatives ces dernières années semble indiquer un ‘frémissement’, pour ne pas dire un ‘décollage’ de la thématique. En plus des actions urgentes des plateformes achACT et Schone Kleren Campagne (dont l’impact médiatique va croissant), le succès d’activités telles que le ‘Fair Fashion Fest’ à Gand, la ‘Fashion Revolution Week’, ou encore les campagnes d’Oxfam-Magasins du monde et de Solidarité Mondiale en 2017/18, laissent augurer d’une prise de conscience croissante du public belge sur ces questions (et de manière corrélée, un fort développement du secteur de la mode durable).

Sur base de ce constat, cette étude tentera de mieux cerner le monde de la slow fashion, à la fois en termes de concept et d’acteurs/trices, puis de développer le positionnement d’Oxfam-Magasins du monde correspondant. Nous tenterons aussi d’analyser les risques et opportunités associés avec le développement d’un mouvement slow fashion en Belgique, en particulier dans sa dimension alliances.

Patrick Veillard

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