Vers une stratégie européenne pour des textiles équitables et durables
Étude - Décembre 2019

« Fin du monde, fin du mois, même combat ». Ce slogan ne provient pas d’un manifestant mais de l’ancien ministre de la Transition écologique et solidaire français, Nicolas Hulot, à l’occasion de la crise des gilets jaunes fin 2018. Quelques mois après sa démission fracassante du gouvernement d’Emmanuel Macron, était ainsi résumé en une formule choc l’enjeu sans doute le plus crucial de notre siècle : réduire les inégalités croissantes tout en préservant l’habitabilité de notre planète face aux nombreux dépassements du ‘système Terre’, en particulier le changement climatique et la perte de biodiversité.

S’il est un domaine qui combine impacts sociaux et environnementaux, c’est bien celui du textile. Aux désastres sociaux, notoirement connus depuis l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh en avril 2013, s’est récemment ajoutée une prise de conscience croissante de la pollution générée par le secteur, en particulier en termes de rejets plastiques liés au lavage des vêtements en fibres synthétiques. Mais la crise des gilets jaunes a illustré combien il pouvait être délicat de s’attaquer de front aux questions sociales et environnementales.

La présente étude vise à donner des pistes pour résoudre cette « quadrature du cercle » dans le secteur textile au niveau européen. Les enjeux étant liés, et les causes profondes de dysfonctionnement le plus souvent communes, cette approche n’est sans doute pas aussi difficile que d’aucuns veulent souvent bien (faire) croire. Comme on le verra, la mise en place de politiques de diligence raisonnable peut par exemple intégrer relativement facilement les deux enjeux, à l’image de la loi sur le devoir de vigilance en France, et ce sans créer de surcharge législative majeure.

Combiner de la manière la plus cohérente possible différents domaines de politiques, afin d’arriver à une stratégie à la fois ambitieuse, globale et intégrée en faveur de chaînes textiles équitables et durables : voilà une approche plus que jamais nécessaire pour se débarrasser du modèle de fast fashion si destructeur, et atteindre, de manière plus générale, des modèles économiques permettant à l’humanité de s’insérer dans un espace sûr et juste, tel que décrit par Kate Raworth avec son concept de « donut economy ».

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