Cepicafe

Pays :
Type de produit : Café

Central Piurana de Cafetaleros. Piura est une région excentrée du nord du Pérou où vivent en majorité des cultivateurs. Le manque de moyens financiers, les problèmes d’organisation et l’absence de technologies expliquent le retard pris par la région dans certains secteurs d’activité. Dans ce contexte, les paysans n’ont pas d’autre choix que de vendre leurs récoltes à des intermédiaires, à des prix dérisoires. L’ONG Pidecafé, en 1991, puis la coopérative CEPICAFE, en 1995, ont été créées pour aider les producteurs à mieux organiser la production et maîtriser sa commercialisation. Leur parcours est exemplaire. Pour commencer, Pidecafé a permis aux familles de s’unir en groupements informels puis en associations et leur a fourni les premiers crédits pour améliorer l’organisation de la production et la maîtrise de sa commercialisation. Une fois que les paysans ont constitué leur fonds de roulement, ils ont fondé CEPICAFE qui va marquer un saut qualitatif de la production.

Une bonne gestion des priorités…

Deux problèmes principaux peuvent expliquer la mauvaise qualité du café. D’abord, le fait que les grains de bonne qualité et ceux de moindre qualité sont mélangés explique que le café obtenu soit d’une qualité médiocre. Pour y remédier, CEPICAFE fournit une assistance technique aux coopératives pour implanter un système de tri et un contrôle de qualité, dans chaque coopérative, qui séparent les bons grains des moins bons. Ensuite, pour apporter une solution au problème du déficit en eau de pluie, ils réintroduisent des variétés traditionnelles mieux adaptées aux conditions climatiques et mettent au point un système d’irrigation performant. Dans ces zones tropicales, le manque de sources d’énergie alternatives a entraîné une déforestation massive. La construction par CEPICAFE de terrasses et le reboisement des parties érodées est d’autant plus utile.

Si la qualité du café s’est vue grandement améliorée, il ne reste pas moins que cette matière première est soumise aux fluctuations du marché. Aussi, faut-il diversifier les sources d’entrées financières et vendre à des organisations qui paieront un prix juste, condition sine qua non pour couvrir les besoins de base. En réalité, les deux éléments sont liés. En payant un prix plus élevé et stable, et en apportant leur expérience, les organisations traditionnelles de commerce équitable ont permis aux producteurs de tirer des revenus du cacao, des fruits exotiques et produits dérivés et de la canne à sucre… Dans la même optique, les cultures vivrières de légumes et de fruits ont été étendues. Le soutien financier d’organisations du Nord est souvent déterminant pour permettre de survivre le temps de la conversion qu’on estime en moyenne à trois années.

… au bénéfice du plus grand nombre

CEPICAFE a gagné à ses principes de plus en plus de producteurs de la région. Aujourd’hui, non moins de 71 coopératives de base et 8 comités locaux travaillent avec elle, ce qui représente 4 800 producteurs. Leur importance ne s’arrête pas à la région puisque CEPICAFE est présente dans plusieurs organisations péruviennes et sud-américaines de petits producteurs, mais aussi académiques, en matière d’environnement ou de prévention des catastrophes naturelles.

Sur le plan social, dans une région où la malnutrition est importante, CEPICAFE construit des cantines communautaires et mène des campagnes de sensibilisation. Une deuxième priorité est la construction d’écoles et de bibliothèques scolaires pour permettre au plus grand nombre de s’instruire. Cela permet aussi de lutter contre le travail des enfants dans les cultures de café, qui est très répandu dans la région.

Dans le même esprit, la structure organisationnelle de CEPICAFE est fondée sur le principe de la prise de décision collective lors de l’Assemblée générale. Les producteurs décident des priorités et pourvoient les postes administratifs.

Produits