El Guabo

Pays :
Type de produit : Bananes

L’Equateur est le premier exportateur de bananes du monde. De grandes plantations (de 100 à 1000 ha) et un petit nombre d’entreprises d’exportation dominent ce secteur. Dans ce pays, les travailleurs impliqués dans le secteur de la banane sont nombreux mais on estime que seulement 1% sont organisés pour défendre leur droits. Les conditions de travail dans les plantations sont pénibles et souvent les femmes et les enfants reçoivent des revenus de 50% inférieurs à ceux des hommes.

La concentration du marché dominé par quelques conglomérats est un facteur d’appauvrissement des petits planteurs contraints à vendre leur production aux intermédiaires à des prix dérisoires. Mais le marché de la banane se caractérise aussi par d’importantes fluctuations des prix en fonction de la demande dans l’hémisphère nord qui se réduit en été. Or la récolte de bananes se fait toute l’année. Pendant la saison où la demande diminue, les petits planteurs s’endettent ou vendent leurs terres pour survivre.

La première organisation exportatrice de bananes de commerce équitable d’Equateur

En 1997, 14 fermiers du sud-ouest de l’Equateur s’unirent afin de renforcer leur autonomie vis-à-vis des intermédiaires. L’obtention d’un label de commerce équitable en 1998 est déterminant dans son expansion. Après quelques années d’existence, El Guabo est devenue la première organisation exportatrice de commerce équitable d’Equateur. Ce sont à présent 339 producteurs dont 200 agriculteurs biologiques qui sont membres de la coopérative. Au total, 1300 personnes sont impliquées dans ses diverses activités de production et de commercialisation des produits.

Maîtrise de la filière : du fermier équatorien au marché européen

Les membres de la coopérative sont des fermiers disséminés dans les régions Azuay, El Oro et Guayas qui possèdent des parcelles de terre, petites et moyennes (de 2ha à 7ha). Grâce à l’aide de la coopérative, ils sont à même de planifier la production entre eux. La banane d’exportation exige une parfaite maîtrise du calendrier des plantations afin d’obtenir une production régulière et des fruits au stade de maturité voulue. Pour obtenir les bananes au bon degré de maturité, la coopérative distribue des rubans de couleur à chaque producteur. Chaque couleur correspond à une semaine. Le ruban est noué sur chaque régime au moment de la formation de la fleur. Grâce à ce système, les planteurs sont en mesure de connaître exactement le nombre de fruits exportables à une date déterminée, et ce, chez tous les fermiers.

La coopérative assume le contrôle de qualité des produits exportables, organise la collecte des régimes de banane puis leur acheminement vers les centres de tri qu’elle gère également. Au port, des agréeurs vérifient la qualité des fruits lors de leur chargement. Face à la généralisation du secteur informel El Guabo a favorisé la création d’une association d’agréeurs qui ont accès aux droits sociaux.

Pour l’exportation proprement dite, un partenariat avec des organisations européennes constitue un atout non négligeable. En effet, El Guabo fait aussi partie des membres fondateurs de AgroFair, entreprise d’importation de fruits frais qui est gérée conjointement pas les producteurs et les organisations européennes pour améliorer l’acheminement des produits et développer le marché du commerce équitable de fruits frais. Au sein d’Agrofair elle collabore avec Coopetrabasur, une organisation du Costa Rica qui nous fournit également des bananes.

Une gestion durable pour de meilleurs débouchés

Dans certaines régions du pays, la monoculture intensive de la banane a supplanté d’autres cultures de fruits, le cacao et l’élevage. Pour maintenir la fertilité des sols les paysans utilisent toujours plus d’intrants chimiques jusqu’au jour où les sols sont complètement épuisés et que les entreprises résilient leurs contrats avec les sous-traitants et vont se fournir ailleurs. Derrière elles, reste un paysage dévasté qui se double d’un désert social.

Parallèlement, on a vu la demande de produits biologiques augmenter régulièrement dans l’hémisphère nord, surtout depuis que les principales chaînes de supermarché proposent des produits biologiques dans leurs rayons.

Aussi, pour répondre à la demande, El Guabo encourage les fermiers à se convertir à l’agriculture biologique. Les habitants de la plaine de Machala qui connaissent bien les dégâts opérés par les produits chimiques pour les avoir longtemps subis, se sont engagés à respecter un cahier de charges strict. Afin de ne pas nuire à l’environnement, ils ne peuvent pas utiliser de nématicides, d’insecticides (interdiction benomyl et malathion) et d’herbicides (obligation de désherbage manuel).

Face à la demande croissante de bananes biologiques, El Guabo a intégré des producteurs situés entre 500 et 800 m d’altitude. Si la culture majoritaire y est celle du cacao, la banane renforce la diversification des cultures, au même titre que le maïs, les haricots ou le manioc. Plus encore les maladies fongiques qui touchent d’ordinaire les bananiers sont ici absentes. En effet la densité bien inférieure aux plantations classiques permet de réduire la propagation des maladies. De plus, grâce à l’altitude, les températures plus basses sont défavorables à leur apparition.

Prime équitable : sociale et environnementale

Afin de garantir des revenus constants toute l’année, la prime équitable payée aux producteurs leur garantit un revenu supérieur à celui en vigueur sur le marché conventionnel. D’après les spécialistes du secteur il s’agit d’un surplus de 25% en moyenne. En outre, la rémunération est fixe et stable ce qui est un élément déterminant pour un produit soumis à une forte variabilité des prix. En échange, les fermiers appliquent les règles sociales et environnementales inscrites au cahier de charges des certificateurs de commerce équitable.

Avec les années, El Guabo a développé une unité de transformation des fruits frais ce qui représente une valeur ajoutée et un débouché supplémentaire pour les membres de la coopérative. Un exemple en est la confection de purée de bananes qui peut dès lors rentrer dans la composition de produits à longue conservation comme les jus de fruits.

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