Le commerce équitable, pour qui, pour quoi ?

“Trade, not aid”. Ce slogan a été énoncé par une série de pays en voie de développement dans les années 60. Il résume l’un des grands principes du commerce équitable : le commerce plutôt que la charité.

Le but est de rendre les populations défavorisées du Sud plus autonomes et de leur donner la possibilité de se développer par elles-mêmes, sans compter sur une aide extérieure. Il s’agit bien d’une relation commerciale qui valorise, auprès des consommateurs du Nord, la créativité et l’expertise des travailleurs du Sud.

Comment s’y prend-on ?

Tout simplement en changeant les règles du jeu. Les règles du commerce mondial sont profondément injustes car basées sur la maximisation des profits. Celles-ci sont imposées par les pays riches et par les multinationales. Elles mettent ainsi en concurrence des producteurs aux capacités extrêmement inégales et entraînent la surexploitation des ressources naturelles.

Très militant à ses débuts dans les années 60, le commerce équitable a depuis considérablement accru ses volumes, tout en se diversifiant et en se professionnalisant. Ces évolutions sont notamment liées à l’apparition, à la fi n des années 80, des labels équitables, dont le plus connu en Europe est Max Havelaar. A côté des marques et magasins spécialisés tels qu’Oxfam, on trouve maintenant du café, du chocolat, des cosmétiques ou encore des articles de mode et de décoration équitables un peu partout, par exemple dans les supermarchés ou même sur Internet.

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Jagwati est artisane chez Tara et habite dans un bidonville au Sud de Delhi.

Quand je suis arrivée chez Tara, on m’a appris à faire des bijoux. J’ai pu apprendre un métier et devenir indépendante. Maintenant je peux me débrouiller seule et soutenir ma famille. Ma fi lle Kossum a pu entrer à l’université. Elle donne aussi des cours de soutien scolaire aux enfants du quartier.

Suresh Mittal est directeur de Pushpanjali :

L’idée de notre projet est de soutenir des producteurs marginalisés, afin qu’ils puissent avoir une vie décente en gagnant leur vie par eux-mêmes ! Oxfam m’a appris ce qu’est le commerce équitable. J’ai compris que c’est la meilleure façon de faire du commerce : cela apporte une solidarité et permet au producteur d’avoir un profit direct et d’autres bénéfices.

GIE Targanine (Maroc). Dans le Sud du Maroc, 55% de la population vit en zone rurale, en particulier des femmes sans formation. La fabrication d’huile d’argan leur fournit une activité qui leur permet d’être plus autonomes. GIE Targanine veille particulièrement à l’impact sur l’environnement. Il mène plusieurs initiatives en faveur du reboisement et d’une gestion durable des ressources.

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